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À mes nuits éphémères

À mes nuits éphémères,
Je me livre sincère. 
À en tomber à terre
Je relève la tête, fier !

Fier d’un monde imparfait
Pour lequel je suis fait,
Fier des mots qui m’animent
Pour lesquels je tuerais.

Tuer l’homme, à jamais
Que reste l’éternité.
Tuer le temps, chiller
Que respire l’été !

L’été de l’existence,  
Cet âge où tout est transe, 
Le terme de nos danses
Ces instants pleins d’errance.

Errance de nos moi,
Perdus, sans foi ni loi
Au rang et aux abois
Pleins d’espoirs et de joies !

Joies des jours et terreurs
À errer sans rancœur,
Joie d’une fois et des peurs
À regarder les heures.

Les heures filent à l’envers… 
Éphémères.

Tags: ecrits nuits
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Flashback chimique.

C’était une fois, un soir d’été

Voyage improvisé

Fallait s’laisser porter

Voir les lumières flotter

L’unique envie, fêter

La ville nous entêtait

La vilaine habile nous observait

Envieuse de nos déviances

Elle nous savait en transe

Savourant le temps d’une danse

Le temps d’une nuit blanche

Cherchant l’inconstance 

Décollant dans l’inconscience

Sans souci des cons qui pensent

Seul comptaient nos épidermes

Pire que dépendants

Sans cesse se frôlant

Caressant et tremblotant

Les fleurs sur ta robe en mouvement

L’effet d’un soir où tu m’as dérobé

Cette fois là, un soir d’été.

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Taken with instagram

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Une trainée de conneries

"Écrire dans un train
Pour attraper l’immobile
…”

Voilà maintenant quelques mois que je dépense une part régulière de mon temps libre dans de répétitifs allers-retours en train.

Des centaines d’heures assis, les yeux posés sur les campagnes françaises défilant à travers la vitre. Et posé sur les oreilles, un casque faisant défiler des morceaux de musique électronique planante et progressive. Entre les mains parfois un clavier de laptop ; souvent un stylo grattant timidement une feuille de papier s’attachant bien trop à sa virginité. Les voyages en train, ça donne toujours envie d’écrire des conneries.

On est assis pour quelques heures à patienter, avec nos pensées comme seules compagnes. Celles-ci divaguent, s’emballent au rythme de la locomotive qui avale les rails avec appétit. On se laisse aller à rêver à de grandes choses, à s’inventer des envies et des projets, on imagine des scénarios, de belles histoires d’amour. On se voit partir loin, voyager autour du monde, découvrir l’inconnu, faire des rencontres et collectionner les souvenirs tels des photos dans un album. On se prend à rêver d’une vie en forme de clip musical décalé, dans le genre de ceux qui passent tard la nuit et vous restent encore gravés dans la tête des années après. Et d’un seul coup on a envie d’écrire, comme pour faire exister cette sensation au-delà du point d’arrivée de notre trajet. On veut prolonger des pensées qui sur le coup nous semblent prenantes, envoutantes, captivantes. On veut apprendre à laisser aller notre imagination comme nous le faisions étant enfants à travers la vitre de la voiture nous conduisant sur le chemin des vacances.

Étrangement, il est bien plus facile de rêver à de belles histoires et à de grands voyages que d’accepter la laideur des mots avec lesquels on est capable de les retranscrire. C’est un peu comme être plein de bonnes intentions tout en sachant que le monde est loin d’être rose. Un peu comme si un bisounours était enfermé dans le crâne de Conan le barbare et ne pouvait en sortir. Un peu comme Darth Vador qui se rappelle qu’il aime son fils seulement à l’instant où il sait qu’il va y rester définitivement. Sérieusement, quel lecteur trouve intéressantes les histoires pleines de bon sentiments et de clichés de rêveries populaires ? Les voyages en train, ça donne toujours envie d’écrire des conneries.

Généralement, on préfère lire un bon roman policier avec un cadavre glauque et des mystères étranges. Ou des nouvelles contemporaines au style trash et provocateur. Ou l’histoire semie-vraie d’un faux-ex-junkie qui explique pourquoi la drogue c’est pas si mal que ça. Éventuellement, le bon roman-de-gare-de-l’été avec une histoire presque aussi légère que le style littéraire utilisé, le genre de bouquin de 296 pages qui se termine aussi vite que s’il en comptait une centaine, et qui laisse un petit goût de plaisir coupable sur le bout de la langue. Mais tout ça n’a rien à voir avec la démarche de l’auteur-en-herbe-sur-rails. Lui qui s’improvise écrivain le temps d’un trajet, il veut surtout écrire à propos de son petit monde, de ses propres pensées, de son vécu récent, des deux à trois leçons de vie qu’il pense avoir retenues dernièrement et qui éclairent son jugement mieux que tout. Il aime se croire seul et solitaire, et en oublie qu’il est à cet instant précis, entouré de centaines d’autres êtres humains exactement dans la même situation. Un voyage en train, c’est quelques heures d’égocentrisme.

On pourrait remplacer le semblant de texte que le voyageur tente d’écrire par une lassante et inlassable suite de "moi moi moi". Tant que c’est long d’environ d’un recto de feuille A4 pliée en 3 (pour rentrer dans la poche) et plein de ratures, ça reste crédible. La vérité, c’est que ce genre d’aventures littéraires finira en général à la poubelle quelques semaines plus tard, après avoir été retrouvé froissé avec négligence au fond d’un sac de voyage usé par le temps. Difficile d’assumer au grand jour qu’un simple paysage de champs qui défile et quelques instants de solitude en société suffisent à nous faire croire à nouveau que la vie peut être jolie et simple. Retomber en enfance, c’est une de ces sensations agréables qu’on n’apprécie de partager que difficilement.

Et si pour une fois, au lieu d’écrire des conneries, on troquait notre titre de transport SNCF contre un billet d’avion en partance pour n’importe-où-sauf-ici, c’est à dire un endroit vraiment inconnu ? Et si on troquait notre Bic bon marché contre un tout petit geste : celui d’ouvrir bien grand les yeux pour voir autour de nous ?

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Vous l’aurez peut-être compris, ces quelques lignes maladroites (devinez où elles ont été écrites) sont un exutoire, un pied-de-nez à ce besoin d’extérioriser des naïvetés imaginées sur les rails. C’est un peu comme tenter de se débarrasser de la chanson qui nous reste dans la tête en l’interprétant à voix haute une fois pour toutes. Est-ce que ça fonctionne ?

Une trainée de conneries

Petite dédicace discrète à une fille qui prend beaucoup trop le train, elle aussi.

Video

C’est parce qu’elles sont libres de toute contrainte matérielle, de toute limite autre que leur capacité à puiser toujours davantage dans l’imaginaire, que les musiques électroniques constituent certainement la meilleure langue que l’on puisse offrir à des oreilles humaines.

Tags: music
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Buveurs de bière : laissez les bulles tranquilles !

S’il est vrai que nous ne sommes tous que des bulles de demi (dédicace au copain Noiprox, parce que j’ai découvert son blog récemment et que ça mérite bien un link), on est en droit de se demander “putain, à quoi je sers ?”

À être bu, avalé dans le gosier d’un vieil ivrogne ou d’un jeunot se croyant branché, torturé par des sucs gastriques puis finalement délaissé par un intestin trop ingrat ? Prout.

Peut-être. Mais si l’on considère cela comme une fin, il est plutôt légitime de concentrer nos pensées sur ce qu’il se passe avant

On pourrait presque s’aventurer à penser que notre destin, en tant que bulle de demi, c’est tout simplement de grimper. Oui : la bière est une boisson capitaliste. Son but est de s’élever, toujours plus haut, jusqu’à se faire mousser.
Chaque petite bulle est entrainée dans cette poursuite du but ultime, à l’assaut des hauteurs qui sauront la libérer des vapeurs qui font tourner la tête, dans lesquelles on l’a plongée dès le départ. Une putain de bouffée d’oxygène avant de disparaître. Individuellement, cela peut paraître “intéressant-mais-sans-plus”, bref quelque chose de banal. C’est au niveau de la collectivité que la chose se justifie. Une bulle qui monte, bon pourquoi pas. Mais des milliers de bulles qui montent, toutes vers la même destination, au sein du même ensemble, putain ça a d’la gueule. Un peu comme une fourmilière bien organisée. Efficace, un ensemble cohérent remplissant son rôle à la perfection.

Le hic dans tout ça, c’est un truc que nous autres humains avons appelé le libre arbitre. Oui c’est caca, hein ?
Je m’explique, avant de me faire marginaliser. Prenons un exemple : toi. Oui toi là, au fond. Tu es une bulle parmi les bulles, et ton rôle c’est de monter à la surface, comme tous tes semblables. C’est ainsi. Tu commences donc ton grand voyage, et avant même d’être à mi-parcours, tu t’arrêtes et tu te demandes pourquoi. Ah, putain de question idiote. POURQUOI ? 

Qu’est-ce que cela peut bien foutre si toi, bulle parmi les bulles, tu n’as pas envie de grimper telle une sphère gazeuse de compétition ? Si tu préfères prendre ton temps ou le faire à ta manière, en virevoltant, en t’acoquinant avec tes voisines ? Qu’est-ce que cela peut bien leur foutre, aux autres bolides prêtes à tout pour atteindre la mousse tant promise ?
Pourquoi n’aurait-on pas le droit de préférer s’attarder en chemin pour regarder le rougeâtre visage du Roger déformé par le verre qui nous emprisonne ? Pourquoi filer tout droit quand on peut profiter du paysage en chemin ?

Je suis une putain de bulle de demi, et contrairement à mes semblables, j’ai fait un choix. Face  à la normalité voulant me faire rejoindre la tranquillité mousseuse, j’ai choisi de préférer me baigner dans l’ivresse dorée de ma jeunesse. J’y resterai le temps qu’il faudra, tant que j’estimerai ne pas en avoir vu assez. 

Alors mes frères et sœurs petites bulles de gaz, s’il vous plaît : tracez votre route, faites ce qu’il vous est demandé. Et laissez-moi m’attarder. Parce que pendant que je contemplerai le monde autour de moi, vous serez les premiers à vous faire avaler.

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Gui Boratto - Azzurra (It’s not the same version)


Parce que ça trotte dans ma tête depuis une semaine.

Parce que c’est le genre de sons qu’on associe davantage à une sensation qu’à un souvenir.

Tags: vidéo
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tumblr ?

J’avais envie de rouvrir un blog.

Envie de partager deux trois trucs ailleurs que sur Facebook, et puis de remettre certaines vieilleries en ligne aussi.

J’ai donc fouillé un peu et publié ici des (parfois très) vieux textes, en essayant de mentionner les bonnes dates. Parfois le jour n’est pas juste, mais le mois l’est quasiment à chaque fois.
Il y a ici beaucoup de textes slam, les quelques nouvelles que j’ai pu écrire étant à mon goût bien trop vieilles et maladroites pour être partagées aujourd’hui. Peut-être que je ferai un dépoussiérage à l’occasion, qui sait… J’ai ajouté un ou deux vieux billets de blog sauvés du naufrage aussi, pas exceptionnels mais pourquoi pas.

Tout cela est loin d’être exhaustif, mais ça n’est pas non plus une sélection “best of”. Disons que ce sont les extraits les plus représentatifs et les plus “publiables” de ce que j’ai pu conserver. Personnellement, je constate qu’il y a ici des textes dont je suis plutôt fier, et certains que je hais. On pourra penser ce qu’on veut de ces quelques amas de mots des années après, au moins ça figurera quelque part et je suis assez content d’avoir un endroit où ils sont rassemblés.

À l’avenir je posterai peut-être des choses semblables, peut-être pas. J’écris beaucoup moins qu’avant. On verra, mais je compte bien laisser certaines choses ici à l’occasion, un peu plus significatives qu’un statut Facebook ou qu’un retweet parmi d’autres.



Comme on dit : Thanks à ceux que ça intéressera, et davantage aux autres. Peace.

Photoset

C’était en 2011.

En ce temps là on prenait des photos avec les méthodes anciennes (ouais parce que le pola c’est stylé tavu) pour les revoir après avoir vieilli et revivre un peu de notre jeunesse déjà has been. On ne voulait pas grandir.